samedi 8 janvier 2011

Le rêve chez G. Bachelard



Le rêve chez G. Bachelard



LA PSYCHANALYSE DU FEUGaston BachelardFolio essai
1949
Gaston Bachelard (1884-1962) est un philosophe français hors du commun.Descendant de paysans champenois, petit fils de cordonnier, fils d’un dépositaire de journaux de Bar-sur-Aude, il commença par être surnuméraire des postes tout en préparant le soir sa licence de mathématiques.En 1914 il épouse une institutrice, puis part à la guerre et devient professeur de physique-chimie au collège de Bar-surAude à son retour.Tout en enseignant, il prépare l’agrégation de philosophie et passe son doctorat en 1927.Il devient alors professeur de philosophie à la faculté de Dijon puis à la Sorbonne en 1940.Sa philosophie a un double aspect : « une vertu de clarté et une force de rêve » pour appliquer à lui même ce qu’il dit de la peinture et du langage.Si la première partie de son œuvre concerne les rapports de la science aux hommes, la seconde partie est consacrée à l’imagination, les rêves, les songes.Les philosophes traditionnellement enseignent que l’homme commence par voir, puis se souvient, enfin il imagine.Pour Bachelard, l’homme imagine d’abord, voit ensuite, se souvient à l’occasion.Les rêves, les mythes, les folles imaginations, Bachelard les classe d’après quatre éléments : air, feu, eau, terre.Il écrit ainsi cinq livres célèbres : La psychanalyse du feu, l’eau et les rêves. L’air et les songes. La terre et les rêveries de la volonté. La terre et les rêveries du repos. La psychanalyse du feu est à la fois le premier des cinq ouvrages et le plus facile à aborder, « le plus lisible » , une bonne introduction en somme à l’œuvre de Bachelard.Si l’on interroge des personnes cultivées , voire des savants, et qu’on leur demande ce qu’est le feu, on ne reçoit que des réponses vagues qui répètent les théories philosophiques les plus anciennes et les plus chimériques. Le feu n’est plus un objet scientifique et pourtant sa découverte n’a toujours pas été réellement expliquée, démontrée.La raison est que la question a été posée dans une zone objective impure, où se mêlent les intuitions personnelles et les expériences scientifiques. Les intuitions du feu entraînent des convictions immédiates dans un problème où il ne faudrait que des expériences et des mesures.Ce livre tente d’expliquer du point de vue psychologique comment ce problème de la découverte du feu s’est trouvé évincé de la scène scientifique sans avoir été jamais résolu.Il fera appel pour cela au « complexe de Prométhée » et de la désobéissance sociale, au « complexe d’Empédocle » où la destruction est un changement, au « complexe de Narcisse » et la « sexualisation » du procédé technique de fabrication.Au travers de ce livre Bachelard nous montre qu’il faut briser les élans d’une expression réflexe, psychanalyser les images familières pour accéder aux métaphores et surtout aux métaphores des métaphores.Pour Bachelard, plus que la volonté, plus que l’élan vital, l’Imagination travaille à son sommet comme une flamme.Impossible d’échapper à cette dialectique : avoir conscience de brûler, c’est se refroidir ; sentir une intensité, c’est la diminuer ; il faut être intensité sans le savoir ; telle est la loi amère de l’homme agissant.

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