mercredi 27 juillet 2011

Hystérie de conversion


La conversion est le noyau de l'hystérie affirme Freud. Dans l'hystérie, l'idée incompatible est rendue inoffensive par le fait que sa somme d'excitation est transformée en quelque chose de somatique. Pour ceci, je désire proposer le nom de conversion. (...) Le moi a ainsi pu se libérer de la contradiction, mais en échange il s'est chargé d'un symbole mnésique, innervation motrice insoluble ou sensation hallucinatoire revenant sans cesse. 
Le stress d'un conflit psychique peut conduire tout le monde à réagir temporairement par des symptômes somatiques. Dans les réactions de conversion, les conflits psychiques sont inconsciemment convertis en symptômes qui semblent être physiques, sans qu'une cause organique puisse être identifiée. Parmi les symptômes courants de l'hystérie de conversion figurent la paralysie musculaire, la cécité, la surdité et les tremblements.
L'hystérie de conversion est une affection aux symptômes changeants touchant le corps dans ses aspects imaginaires et de relation à autrui. L'association de symptômes de conversion et d'une personnalité hystérique définit le terme de « névrose hystérique » qui n'est plus reconnue comme une entité par les classifications actuelles des troubles mentaux. ○ La difficulté clinique face aux troubles de conversion réside à 2 niveaux: bien reconnaître une affection psychique sous des masques d'allure organique, et intégrer les symptômes, comme la personnalité associée, dans une vision dynamique et une trajectoire individuelle. Cette dynamique aidera à comprendre la survenue de symptômes conversifs à la suite d'un traumatisme, récent ou réactualisé, ou de représentations inacceptables et refoulées. ○ Le terme de conversion rend compte de conflits psychiques inconscients s'exprimant de façon déguisée par un symptôme touchant la vie de relation: motricité, sensibilité, sensorialité ou fonctions neurovégétatives; mais aussi les différentes facettes de la conscience (éveil, mémoire, identité, etc.). Il est admis que les symptômes de conversion peuvent se rencontrer quelle que soit la structure de la personnalité du malade: anxio-névrotique, psychotique, limite, etc. L'actualité de l'hystérie pour le clinicien consiste à dépasser la vision historique du XIXe siècle cherchant la distinction entre l'organique et le fonctionnel. Les symptômes hystériques ne prennent tout leur sens que par l'étude de la personnalité du sujet et des interactions de ce sujet avec le monde environnant. En fait, de façon très pragmatique et schématique, les problèmes que pose l'hystérie de conversion sont, souvent dans l'urgence, de faire la part d'une pathologie organique tout en restant particulièrement sensible à la vie et au fonctionnement psychique du patient. 
La genèse de toute forme d’hystérie remonte à l’enfance de la personne concernée avec tout ce qu’elle comprend comme situations conflictuelles inhérentes au développement tout à fait normale de l’individu. Parmi les situations conflictuelles considérées comme un passage obligé c’est le complexe d’Œdipe. Selon une légende ancienne de l’époque grecque  : Œdipe tua son père puis épousa sa mère qui lui donna des enfants, suite à cela les dieux lui infligent les plus pénibles des punitions pour avoir commis ces terribles actions. Comme le complexe d’Œdipe est un passage obligé faisant partie intégrante de l’évolution psychologique normale de toute personne fille ou garçon .Une évolution tout à fait normale fait que le petit garçon s’identifiera à son père en même temps qu’ il renoncera à ses sentiments tendres envers sa mère et les déplacera plus tard vers d’autres femmes, de même la petite fille renoncera à ses sentiments tendres envers son père et s’identifiera à sa mère pour orienter plus tard ses tendres sentiments vers d’autres hommes. Toute déviation par rapport à ce schéma de passage sécurisé par le complexe d’Œdipe suppose la naissance de conflits intra psychologiques nécessitant beaucoup d’effort et d’énergie pour se maintenir en situation d’équilibre sur le plan psychologique. Par conséquent la résolution des conflits internes provoqués par le complexe d’Œdipe nécessite la libération d’une grande quantité d’énergie ‘’psychologique’’, qui servira au maintient d’une équilibre interne jusqu’à l’âge adulte .Pour certaines personnes les choses ne se passeront pas d’une manière aussi simple et l’effort psychologique qui a servi pour se maintenir en équilibre va lâcher et donnera lieu à l’émergence de l’état de l’hystérie. Dans le cas de l’hystérie de conversion, la quantité d’énergie mobilisée pour la résolution des conflits relatifs au stade Œdipien va être convertie en symptômes corporels au lieu que cela soit transformée en angoisse pour donner lieu à l’hystérie d’angoisse ou déplacée sur des objets extérieurs ou des dangers extérieurs pour donner lieu à des phobies ou l’hystérie phobique. 
Une crise d’hystérie de conversion se présente par des manifestations passagères ou permanentes des diverses natures le plus fréquentes sont les paralysies locales ou localisées et parfois plus étendues, genre paralysie de la fonction de la marche ou de la stature debout, sachant que ces paralysies se produisent en l’absence de toute anomalie organique au niveau des organes ou partie du corps faisant défaut et du coup apparaissent aux yeux du médecin traitant comme pas très véridiques et plutôt ayant un caractère théâtral. Parfois, il ya en même temps des troubles d’ordre sensoriel tel que la perte de la vue (cécité hystérique), de l’ouïe (surdité hystérique) ou la perte de la possibilité de sentir les odeurs, bien entendu toutes ces manifestations n’ont aucune justification organique tel qu’une infection au niveau des organes dont la fonction a été atteinte. Une autre catégorie des manifestations de l’hystérie de conversion étant celle des anesthésies hystériques, elles ne correspondent à aucun schéma corporel précis mais se manifestent un peu à la guise de l’hystérique, évidemment sans aucune explication d’ordre neurologique. Aussi, des contractures hystériques peuvent se produire dans n’importe quelle partie du corps, cependant le plus fréquent elles se localisent au niveau du cou. Parfois l’hystérique va simuler n’importe quelle maladie organique en exprimant des sensations de douleurs particulièrement à l’estomac et dans tout organe creux de son corps, encore une fois l’aspect théâtral est présent dans l’esprit du médecin traitant après avoir s’assurer qu’aucun trouble ou maladie organique ne soit effectivement à l’origine des douleurs exprimées .La manifestation d’une crise d’hystérie de conversion se caractérise par des divers signes dont le dénominateur commun c’est la somatisation et l’absence de toute infection ou atteinte organique justifiant les symptômes présentés par l’hystérique et ainsi l’hystérie est considérée comme la maladie de «  l’hyperexpressivité somatique  » par excellence.
D’abord ,le médecin doit identifier le cas d’hystérie de conversion sans le moindre doute car cela nécessite souvent un diagnostic précis soutenu par des examens et analyses spécifiques écartant toute origine organique des symptômes observés chez le patient ou patiente. Une fois l’hystérie de conversion a été bien confirmée, certains médecins procèdent systématiquement à l’isolement de la personne concernée de sa famille et du public en général pour permettre la dédramatisation de la situation, souvent cela se fait par l’hospitalisation dans des centres hospitaliers spécialisés en associant par la suite un traitement médicamenteux approprié et au besoin une psychothérapie et ou une psychanalyse à titre de traitement de fond. 
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Inhibition, symptôme et angoisse
(5ème partie)
Nous nous proposions d'étudier la formation de symptôme et la lutte secondaire du moi contre le symptôme, mais il est évident qu'en choisissant les phobies nous n'avons pas eu la main heureuse. L'angoisse, qui prédomine dans le tableau de ces affections, nous apparaît maintenant comme une complication qui obscurcit la situation. Il y a quantité de névroses qui ne présentent aucun élément d'angoisse. L'hystérie de conversion authentique est de ce type; on trouve ses symptômes, même les plus graves, purs de toute angoisse.
Ce seul fait devrait nous avertir de ne pas établir de liens trop serrés entre l'angoisse et la formation de symptôme. Les phobies sont, à tout autre égard, si proches des hystéries de conversion, que je me suis cru autorisé à les ranger dans les hystéries sous le nom « d'hystéries d'angoisse ». Mais personne encore n'a su indiquer la condition déterminante pour qu'un cas prenne la forme d'une hystérie de conversion ou celle d'une phobie. Personne, par conséquent, n'a élucidé la condition déterminant le développement d'angoisse dans le cas de l'hystérie.
Les symptômes les plus fréquents de l'hystérie de conversion - paralysie motrice, contracture ou action involontaire ou encore décharge motrice, douleur, hallucination - sont des processus d'investissement, soit maintenus en permanence, soit intermittents, ce qui prépare de nouvelles difficultés à l'explication. Au vrai, nous savons peu de chose au sujet de tels symptômes. L'analyse peut nous apprendre quel est le cours d'excitation perturbé auquel ils se substituent.
La plupart du temps, il s'avère qu'ils participent eux-mêmes à ce cours, comme si, par conséquent, la totalité de l'énergie de ce cours s'était concentrée sur ce seul point. Ainsi, la douleur dont souffre le patient était présente dans la situation où se produisit le refoulement; l'hallucination actuelle était alors perception ; la paralysie motrice est la défense contre une action qui aurait dû être accomplie dans cette situation mais fut inhibée; la contracture est habituellement le déplacement d'une innervation musculaire, projetée jadis et portant sur une autre partie du corps; l'attaque convulsive, l'expression d'une explosion d'affect qui s'est soustraite au contrôle normal du moi.
La sensation de déplaisir qui accompagne l'apparition du symptôme varie dans une mesure étonnante. Dans le cas des symptômes permanents, déplacés sur la motilité, tels que paralysies et contractures, cette sensation fait le plus souvent complètement défaut, le moi se comportant devant les symptômes comme s'il n'était nullement concerné ; il est de règle au contraire que dans le cas des symptômes intermittents et de ceux qui touchent à la sphère sensorielle, des sensations incontestables de déplaisir soient éprouvées, qui peuvent, dans le cas des symptômes de douleur, atteindre un niveau excessif. il est très difficile de démêler, dans cette diversité, le facteur qui, responsable de pareilles différences, permette pourtant de les expliquer de manière unitaire.
Il n'y a guère de traces non plus, dans l'hystérie de conversion, du combat livré par le moi contre le symptôme, une fois que ce dernier est formé. Ce n'est guère que lorsque la sensibilisation d'un endroit du corps constitue le symptôme, que Cet endroit est amené à jouer un double rôle. Le symptôme de douleur se produit avec la même régularité, que cet endroit soit touché de l'extérieur ou activé de l'intérieur par association, et le moi recourt à des mesures de précaution, pour éviter que la perception extérieure n'éveille le symptôme.
D'où provient la particulière opacité de la formation de symptôme dans l'hystérie de conversion? C'est ce que nous ne sommes pas en mesure d'élucider. Mais cela nous fournit un motif pour nous hâter de quitter ce domaine stérile. Tournons-nous vers la névrose obsessionnelle dans l'espoir d'en apprendre davantage sur la formation de symptôme. En général les symptômes de la névrose obsessionnelle revêtent deux formes et suivent deux tendances opposées.
Ce sont ou bien des interdictions, des mesures de précaution, des pénitences, des symptômes de nature négative donc, ou bien au contraire des satisfactions substitutives, très souvent cachées sous un déguisement symbolique. De ces deux groupes, le groupe négatif, défensif, répressif est le plus ancien; mais avec la prolongation de la maladie, les satisfactions qui se moquent de toute espèce de défense prennent le dessus.
La formation de symptôme triomphe lorsque l'interdiction parvient à être amalgamée à la satisfaction, en sorte que l'injonction ou l'interdiction originellement défensives prennent aussi le sens d'une satisfaction; et pour atteindre ce but il n'est pas rare que des modes de liaisons fort artificiels soient utilisés. Ce tour de force montre la tendance du moi à la synthèse, tendance que nous lui avons déjà reconnue.
Dans les cas extrêmes, le malade réussit à obtenir que la plupart de ses symptômes, outre leur signification originelle, acquièrent celle de leur contraire direct. Témoignage de la puissance de l'ambivalence, qui joue, sans que nous sachions pourquoi, un si grand rôle dans la névrose obsessionnelle. Dans le cas le plus grossier, le symptôme comprend deux temps, c'est-à-dire que l'action exécutant une prescription déterminée est immédiatement suivie d'une seconde action qui la supprime ou la défait, quoiqu'elle n'ose point encore exécuter son contraire.
Deux impressions se dégagent aussitôt de l'aperçu rapide que nous venons de prendre des symptômes obsessionnels. La première, c'est qu'ils sont le théâtre d'un combat opiniâtre contre le refoulé, combat qui tourne de plus en plus au désavantage des forces refoulantes, et la seconde que moi et surmoi prennent ici une part spécialement importante à la formation de symptôme.
La névrose obsessionnelle est, à n'en pas douter, l'objet le plus intéressant et le plus fécond de la recherche analytique. Mais le problème qu'elle pose n'est toujours pas dominé. Il faut avouer que si nous voulons pénétrer plus avant sa nature, nous ne pouvons encore nous dispenser d'avancer des hypothèses incertaines et des suppositions dépourvues de preuves. Dans la névrose obsessionnelle, la situation, au départ, n'est sans doute pas différente de celle de l'hystérie, à savoir la défense nécessaire contre les revendications libidinales du complexe d’œdipe.
Ajoutons que dans chaque cas de névrose obsessionnelle il parait bien que l'on peut trouver, au niveau le plus profond, une couche de symptômes hystériques formés très tôt. Mais, par la suite, un facteur constitutionnel modifie d'une manière décisive la configuration symptomatique.
L'organisation génitale de la libido se révèle plutôt faible et trop peu résistante. Lorsque le moi commence ses efforts défensifs, le premier résultat qu'il obtient est de faire régresser partiellement ou totalement l'organisation génitale (de la phase phallique) au premier stade sadique-anal. Ce fait de la régression demeure décisif pour tout ce qui se passe ensuite.
On pourrait encore considérer une autre possibilité. Peut-être la régression ne résulte-t-elle pas d'un facteur constitutionnel, mais d'un facteur temporel. Ce qui la rendrait possible ne serait pas la fragilité de l'organisation génitale de la libido, mais le fait que le moi se soit dressé trop tôt contre le processus pulsionnel, dès l'apogée de la phase sadique. Je ne me permettrai pas de trancher catégoriquement sur ce point non plus, mais je puis dire que l'observation analytique ne parle pas en faveur de cette hypothèse.
Elle tend plutôt à montrer que lors de l'entrée dans la névrose obsessionnelle la phase phallique a déjà été atteinte. De plus l'âge où éclate cette névrose est plus tardif que dans l'hystérie (deuxième période de l'enfance, après la fin de la période de latence), et, dans un cas de développement très tardif de cette affection, que j'ai pu étudier, il apparut clairement qu'une dévalorisation réelle de la vie génitale, intacte jusque-là, avait été la condition déterminante pour que la régression se fut et que se formât la névrose obsessionnelle.
Quant à l'explication métapsychologique de la régression, je la cherche dans une « désintrication des pulsions », c'est-à-dire dans le fait que les composantes érotiques, qui étaient venues s'ajouter, avec le début de la phase génitale, aux investissements destructifs de la phase sadique, s'en voient séparées.
En imposant la régression, le moi remporte son premier succès dans la lutte défensive contre la revendication de la libido. Sur ce point il convient de distinguer la tendance plus générale à la « défense », du « refoulement », qui n'est qu'un des mécanismes dont use la défense. Le cas de l'obsédé permet d'apercevoir plus clairement encore que celui de l'homme normal ou de l'hystérique que le moteur de la défense est le complexe de castration, le défendu étant constitué par les diverses tendances du complexe d’œdipe.
Nous nous trouvons maintenant au début de la période de latence, caractérisée par le déclin du complexe d’œdipe, la création ou la consolidation du surmoi et l'édification des barrières éthiques et esthétiques dans le moi. Dans la névrose obsessionnelle, ces processus dépassent la mesure normale; à la destruction du complexe d’œdipe s'ajoute la dégradation régressive de la libido; le surmoi devient spécialement sévère et dur, tandis que le moi développe, sur l'ordre du surmoi, d'importantes formations réactionnelles, qui prennent la forme du scrupule, de la pitié, de la propreté.
C'est avec une implacable, et qui, par là même, n'est pas toujours couronnée de succès, que se voit châtiée la tentation de poursuivre l'onanisme de la première enfance, qui, tout en s'étayant maintenant sur des représentations régressives (sadiques-anales) représente pourtant l'apport non dominé de l'organisation phallique. Il y a une contradiction interne dans le fait que soit empêchée, dans l'intérêt du maintien de la virilité (angoisse de castration), toute activité témoignant de cette virilité; mais le propre de la névrose obsessionnelle, c'est seulement, ici aussi, d'exagérer cette contradiction, qui est déjà inhérente à la manière normale dont est éliminé le complexe d’œdipe.
Tout excès porte en soi le germe de sa propre suppression; cela s'avère aussi dans la névrose obsessionnelle, où l'onanisme réprimé se fraye, sous la forme des actions compulsionnelles, une voie qui le rapproche sans cesse de la satisfaction.
Les formations réactionnelles que nous avons observées dans le moi du malade atteint de névrose obsessionnelle et que nous avons reconnues pour des exagérations de la formation caractérielle normale, peuvent être considérées comme un nouveau mécanisme de défense à placer à côté de la régression et du refoulement. Dans l'hystérie elles semblent absentes ou beaucoup plus faibles. Jetant un regard en arrière, nous pouvons émettre une supposition sur ce qui fait l'originalité du processus défensif dans l'hystérie.
C'est, semble-t-il, qu'il se borne au refoulement : le moi se détourne de la motion pulsionnelle désagréable, l'abandonne à son cours dans l'inconscient sans plus prendre de part à ses destins. Hypothèse qui, évidemment, ne peut se révéler absolument exacte, car nous connaissons le cas où, en même temps, le symptôme hystérique signifie l'accomplissement d'une demande de punition du surmoi; mais on peut considérer que cette vue permet de définir un caractère général du comportement du moi dans l'hystérie.
On peut admettre simplement à titre de fait que dans la névrose obsessionnelle se forme un surmoi si sévère ou bien penser que le trait fondamental de cette affection est la régression de la libido et chercher à relier aussi à cette régression le caractère du surmoi. De fait le surmoi, qui tire son origine du ça, ne saurait se soustraire à la régression et à la désintrication des pulsions qui y sont intervenues. Il n'y a pas lieu de s'étonner dès lors qu'il devienne de son côté plus rigoureux, plus tourmenteur, plus dur que là où le développement s'opère normalement.
Pendant la période de latence, la défense contre la tentation de l'onanisme semble être considérée comme la tâche principale. Cette lutte produit une série de symptômes qui se retrouvent d'une manière typique chez les personnes les plus différentes, et revêtent en général le caractère du cérémonial. Il est très regrettable que ces symptômes n 'aient pas encore été rassemblés et analysés systématiquement, car ces tout premiers produits de la névrose seraient susceptibles, mieux que les autres, d'apporter des lumières sur le mécanisme de la formation de symptôme employé ici.
Ils présentent déjà les traits qui se manifesteront plus tard dans une maladie grave de façon si funeste : tendance à se fixer sur des activités qui plus tard seront accomplies presque automatiquement, comme aller au lit, se laver, se vêtir, marcher, tendance à la répétition et à la perte de temps. Pour l'instant, on ne comprend d'ailleurs nullement pourquoi les choses se passent ainsi; toutefois le rôle joué ici par la sublimation de composantes érotiques-anales est évident.
La puberté constitue un moment décisif dans le développement de la névrose obsessionnelle. Le travail d'organisation génitale, interrompu dans l'enfance, reprend alors avec une grande force. Mais nous savons que le développement sexuel de l'enfance fixe aussi la direction de ce renouveau lors de la puberté.
C'est ainsi que, non seulement les motions agressives de l'enfance sont réactivées, mais une partie plus ou moins grande des nouvelles motions libidinales - leur totalité dans les mauvais cas - doit s'engager dans les voies qui lui ont été tracées par la régression, pour apparaître sous la forme d'intentions agressives et destructrices. Par suite de ce déguisement des tendances érotiques et à cause de l'existence dans le moi de puissantes formations réactionnelles, la lutte contre la sexualité se poursuit désormais sous la bannière de la moralité.
Le moi étonné se dresse contre les suggestions d'actes de cruauté et de violence qui lui sont dépêchées dans la conscience par le ça, sans soupçonner que par là il combat des désirs érotiques, parmi lesquels certains eussent sans cela échappé à ses reproches. Le surmoi hypersévère persiste alors d'autant plus énergiquement à réprimer la sexualité que celle-ci a pris des formes si repoussantes.
Ainsi, dans la névrose obsessionnelle, il apparaît que le conflit s'aggrave dans deux directions l'instance qui défend est devenue plus intolérante, les forces sur lesquelles porte la défense, plus insupportables, toutes deux sous l'influence d'un seul facteur : la régression de la libido:
on pourrait voir une objection à plusieurs de nos hypothèses dans le fait que la représentation obsédante désagréable accède en général à la conscience. Pourtant, aucun doute n'est permis: elle est passée auparavant par le processus de refoulement.
Dans la plupart des cas la teneur véritable de la motion pulsionnelle agressive demeure totalement inconnue du moi et il faut un travail analytique prolongé pour la rendre consciente. En règle générale, il n'en parvient à la conscience qu'un substitut déformé, tantôt imprécis et évanescent à la manière d'un rêve, tantôt rendu méconnaissable par un déguisement absurde.
Même lorsque le refoulement n'a pas entamé le contenu de la motion pulsionnelle agressive, à coup sûr cependant il a éliminé le caractère d'affect qui l'accompagne. Si bien que l'agressivité n'apparaît pas au moi comme une impulsion à agir mais, ainsi que le disent les malades, comme une simple « idée », qui devrait les laisser froids. Le plus remarquable est que ce n'est pas du tout le cas.
En effet l'affect, dont le sujet avait fait l'économie lors de la perception de la représentation obsédante, se manifeste ailleurs. Le surmoi se comporte comme s'il n'y avait pas eu de refoulement, comme s il connaissait la motion agressive dans sa teneur exacte et avec son plein caractère d'affect, et il traite le moi sur la base de cette présupposition. Le moi doit, tout en se sachant innocent ressentir un sentiment de culpabilité et endosser une responsabilité qu'il ne peut s'expliquer.
Néanmoins, l'énigme qui nous est ainsi proposée n'est pas si grande qu'il y paraît d'abord. Le comportement du surmoi est tout à fait compréhensible; quant à la contradiction dans le moi, elle nous prouve seulement qu'au moyen du refoulement il s'est fermé du côté du ça, tout en étant demeuré entièrement accessible aux influences provenant du surmoi. Si l'on demande alors pourquoi le moi ne cherche pas à se soustraire aux tourments des critiques que lui inflige le surmoi, on peut répondre que c'est bien ce qu'il fait dans un grand nombre de cas.
Il existe des névroses obsessionnelles où tout sentiment de culpabilité est absent ; dans ce cas, à ce que nous pouvons voir, le moi s'est épargné la perception de cette culpabilité par une nouvelle série de symptômes, d'actions expiatoires, de limitations autopunitives. Mais ces symptômes ont en même temps valeur de satisfaction de motions pulsionnelles masochiques que la régression a également renforcées.
La diversité des formes sous lesquelles se manifeste la névrose obsessionnelle est si considérable que, malgré tous les efforts, on n'est pas encore parvenu à donner une synthèse cohérente de toutes ses variations. Lorsqu'on s'évertue à dégager des relations typiques, on se demande toujours si l'on n'a pas négligé d'autres régularités qui ne seraient pas moins importantes.
J'ai déjà décrit la tendance générale de la formation de symptôme dans la névrose obsessionnelle. Elle tend à laisser toujours plus de champ à la satisfaction substitutive aux dépens de la frustration. Les mêmes symptômes qui, à l'origine, avaient la signification de limitations du moi, en viennent ultérieurement, grâce à la tendance du moi à la synthèse, à représenter des satisfactions, et il est impossible de méconnaître que cette dernière signification devient progressivement la plus importante.
Le résultat de ce processus, qui s'achemine de plus en plus vers l'échec complet de la lutte défensive initiale, est un moi extrêmement limité, réduit à rechercher ses satisfactions dans les symptômes. Ce déplacement des rapports de forces en faveur de la satisfaction peut conduire à l'issue redoute: paralysie de la volonté du moi, qui découvre pour chacune de ses décisions des motivations à peu près aussi fortes d'un côté que de l'autre.
Le conflit suraigu entre le ça et le surmoi, qui domine dès le début cette affection, peut prendre de telles proportions, qu'aucune des activités d'un moi désormais incapable de jouer un rôle de médiation, ne peut plus éviter d'y être entraînée.

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Conversion hystérique et imagerie fonctionnelle

 

dimanche 24 juillet 2011

Hystérie d'angoisse


Le terme a été introduit par Wilhelm Stekel en 1908. Freud le reprendra a propos du petit Hans pour souligner que de son point de vue, la phobie ne saurait constituer un processus pathologique indépendant. Il note donc une similitude structurale avec l'hystérie de conversion.

L’hystérie d’angoisse, terme introduit par Freud, désigne une névrose dont le symptôme central est la phobie. L’emploie du mot « hystérie » veut souligner la similitude structurale avec l’hystérie de conversion.
 
L'angoisse prédomine dans ce type d'hystérie. La crise d'angoisse s'annonce d'abord par la notion d'un péril dont on ne connaît pas encore la nature et qui va de plus en plus en s'amplifiant. Il peut se faire aussi qu'elle survienne sans s'annoncer. Elle entraîne un grand désarroi du sujet qui est comme fasciné par la crise qu'il sent monter en lui. La fascination peut aller jusqu'au vertige. En même temps s'installe une perplexité doublée d'appréhension très inquiétante. Quelquefois, le malade ressent une sensation de regret, de remord, d'un danger imminent.

Troubles psychosomatiques d'accompagnement


On rencontre des symptômes divers.
Au niveau des organes sensoriels et de la bouche, on constate des sueurs, des bourdonnements d'oreille, une vision brouillée ; les maux de tête sont fréquents.
On note des symptômes musculaires : des crises de tremblements qui peuvent frapper n'importe quel membre, parfois un tremblement des paupières ; ailleurs, on aura comme l'impression de crises rhumatismales.
Des symptômes urinaires sont possibles avec difficulté à uriner ou au contraire une tendance excessive aux mictions.
Les symptômes digestifs sont extrêmement variés. Ils peuvent aller d'un simple rétrécissement du pharynx à la " boule oesophagienne " ; quelquefois ces symptômes aboutissent à des nausées ou à des vomissements, à des troubles du péristaltisme intestinal pouvant conduire à la diarrhée et quelquefois aussi à des constipations totales.
Les symptômes cardiaques : ce seront des palpitations ou des troubles du rythme ; on notera ce qu'on appelle " une arythmie extra-systolique " c'est-à-dire que les contractions du coeur deviennent anarchiques. Quelquefois ces manifestations cardiaques sont telles qu'elles peuvent évoquer des crises d'angine de poitrine.
Les symptômes respiratoires peuvent aller de la simple difficulté respiratoire à la sensation de blocage complet. Ils évoquent parfois une crise de pseudo-asthme.
Les troubles du sommeil sont fréquents et variables. Ce peut être une insomnie avec des dispositions du sujet à manipuler ses conflits sans cesse pendant la nuit. Au contraire, le patient échappe parfois à l'angoisse en dormant de façon excessive.
Ces troubles schématiquement mentionnés, n'excluent pas d'autres troubles fonctionnels divers, troubles hépato-digestifs, troubles thoraciques vagues dont nous n'avons pas systématisé les manifestations. Précisons que les désirs sexuels sont souvent amoindris voire même supprimés. Mais ce n'est pas toujours le cas ; fl peut exister à l'opposé une hypertrophie du désir sexuel car dans l'acte sexuel le sujet parfois échappe à l'angoisse.
Lorsque l'on examine ces malades, on est surpris par la crispation souvent intense de leurs muscles qu'ils n'arrivent pas à détendre. Un examen fin peut détecter un tremblement des extrémités rapide et variable. Lorsque l'on frappe les réflexes, on voit qu'ils sont considérablement augmentés. L'examen cardiaque montre un électro-cardiogramme normal mais une tension artérielle un petit peu basse. Ce signe n'est pas toujours constant, il est bien certain que chez les sujets prédisposés à l'hypertension artérielle, la crise d'angoisse augmente cette dernière.


 L'anxiété est une peur irrationnelle, sans objet, disproportionnée. L'angoisse désigne les sensations physiques
qui accompagne l'anxiété (état psychique). L'anxiété peut être liée ou non à une représentation mentale, on dit
qu'elle libre (flottante) ou liée. L'angoisse flottante est présente dans la (qui est en fait
considérée comme une " pseudo-névrose ", la bouffée d'angoisse signe l'absence d'une structure névrotique
suffisamment élaborée mais il faut aussi savoir qu'elle apparaît en général dans d'autres pathologie). L'angoisse
liée intervient dans le cadre d'une névrose plus structurée (quoique les mécanismes de défenses, bien que plus
élaborés, ne suffisent pas à éviter le débordement émotionnel) : c'est (Freud). Enfin,
lorsque l'angoisse présente des attaches psychiques à certains objets ou situation il s'agit d'une
(actuellement appelée phobie).
névrose d'angoisse
l'angoisse névrotique
hystérie
d'angoisse
Classiquement il existe deux théorie de l'angoisse. La première rattache l'angoisse à une excitation libidineuse
qui ne trouve pas d'exutoire (coït interrompue, impuissante, frigidité etc.). La libido inemployée est finalement
convertie en angoisse. Un diagnostic plus fin (car l'adulte est sensé avoir appris à maîtriser sa libido) consiste à
dire que la libido qui fait surface est rattachée à un mouvement psychique ayant fait l'objet d'un refoulement.
Mais en 1926 et avec " Inhibition, symptôme et angoisse " Freud nous propose une deuxième théorie.
Le Moi est le véritable réservoir d'angoisse, menacé par le ça (qui risque de l'anéantir) d'une part et le Surmoi
d'autre part (menace de castration) le Moi tente de fuir (comme on fuit devant un danger) et pour ce faire il
cherche à éloigner le danger. La décharge pulsionnelle a finalement lieu dans une formation substitutive. Le
refoulé devient donc extérieur au Moi : le danger devient externe ce qui permet au Moi de le fuir. Le
mécanisme de défense est l'isolation.


Nevrose phobique et hystérie d'angoisse
La phobie ( du grec "phobos", peur) est une crainte angoissante déclenchée par un objet ou une situation n'ayant pas en eux-mêmes un caractère objectivement dangereux, l'angoisse disparaissant en l'absence de l'objet ou de la situation.
Le patient reconnaît le caractère absurde de sa crainte mais ne peut pas la maîtriser.
Il en résulte des conduites d'évitement caractéristiques qui se situent au-delà du contrôle volontaire.
Plus simplement, la phobie est une réaction émotionnelle anxieuse déclenchée par une situation donnée.
Elle se distingue donc :
- des pseudo-phobies de la névrose d'angoisse dues à la fixation transitoire de l'angoisse flottante;
- des obsessions phobiques où une crainte spécifique assiège l'esprit en dehors même de l'objet, comme les nosophobies ou les dysmorphophobies...
- des états psychotiques (schizophréniques ou paranoïaques)
Mécanismes
La névrose phobique fut décrite sous le terme d'hystérie d'angoisse par Freud en raison de sa parenté structurale avec l'hystérie.
La phobie serait en somme, un système de défense par sélection : on enferme l'adversité dans un seul objet, même si, par l'effet d'une loi naturelle, elle s'y accumule jusqu'à devenir explosive.
Dans les phobies, la potentialité de l'objet maudit atteint parfois des paroxysmes : le serpent, la souris, l'araignée, la guêpe peuvent déclencher chez ceux qui les ont "élues" des frayeurs qui les conduiraient à se jeter dans le vide.
Elles doivent leur force, chez l'adulte, à leur origine infantile. L'être humain passe sa vie à réactualiser ses vieilles peurs. Il est rare qu'il les ait conjurées toutes.
Pour les psychanalystes, la phobie symbolise un conflit inconscient pour éviter l'angoisse liée à une pulsion d'origine sexuelle, le conflit est déplacé sur une source extérieure sans rapport avec lui et les phobies sont étroitement liées aux inhibitions sexuelles


Cause et facteurs de risque
 

Les phobies possibles sont très nombreuses.
Dans la phobie, le névrosé se trouve devant une menace dont la véritable origine ne peut jamais être atteinte.
Les phobies en tant que symptômes sont très fréquentes et peuvent se voir dans de nombreuses affections psychiatriques à titre transitoire. Certaines phobies sont d'ailleurs considérées comme normales (vertiges, trac...).
Personnalité phobique
 

La symptomatologie phobique se développe sur une personnalité phobique.
Le caractère phobique regroupe plusieurs traits de personnalité :
- Etat constant d'alerte et de vigilance ;
- Conduite de fuite par évitement de tout engagement, par passivité et inhibition, ou par une fuite en avant.
Certains définissent la phobie comme une peur sans objet. Cependant il est quelquefois difficile de tracer la frontière entre une anxiété "normale" dans une situation phobogène et une peur pathologique dans la même situation. Tous les degrés existent entre celui qui va dominer son appréhension et celui qui va devoir modifier ou adapter sa vie pour éviter une telle situation.
Dans certains cas le phobique va pouvoir affronter certaines situations s'il est accompagné, ou s'il est en possession d'un objet censé le protéger.
Classification
Il existe plusieurs sortes de phobies :
agoraphobie (peur des espaces vides et étendus ou au contraire de la foule), claustrophobie (peur des espaces clos et étroits), phobies des moyens de transports, phobies d'impulsion (peur d'accomplir contre son gré des actes agressifs ou dangereux, peur de se jeter par la fenêtre ("j'ai peur d'avoir envie de sauter dans le vide"), phobie des instruments tranchants, des armes...
On distingue en fait trois entités :
- L'agoraphobie (phobie la plus sévère) ;
- Les phobies simples ;
- Les phobies sociales moins invalidantes. 


L'agoraphobie
 
L'aspect essentiel de l'agoraphobie est la peur d'être seul ou dans un endroit d'où le sujet ne pourrait s'échapper sans difficultés ni être secouru s'il venait à ressentir une soudaine incapacité. Ce n'est donc pas la peur spécifique de certains lieux ou situations.
Les activités normales sont progressivement réduites pendant que la peur d'avoir peur et les comportements d'évitement qui en résultent dominent la vie de l'individu.

Souvent les sujets (des femmes jeunes dans les deux tiers des cas) insistent pour être accompagnés lorsqu'ils sortent de chez eux ou cherchent à mettre en place des stratagèmes visant à se rassurer quand ils sont contraints d'affronter des situations redoutées.
Parmi celles-ci, les plus communément évitées sont les foules, les rues ou magasins fréquentés, les transports publics, les tunnels, les ponts, les ascenseurs...
Ces situations phobogènes sont généralement nombreuses et ont souvent tendance à se multiplier pour pouvoir aboutir à la nécessité d'une claustration ou à une dépendance extrême vis-à-vis de l'entourage immédiat.
Ce mode d'installation de la symptomatologie est variable; il peut être d'apparition brutale et d'aggravation rapide à la suite d'attaques de panique se succédant rapidement aboutissant à la constitution de comportements d'évitement.
L'agoraphobie est parfois associée au trouble panique ("trouble panique avec ou sans agoraphobie") ou isolée en dehors de tout antécédent de trouble panique.
Les phobies simples ou phobies spécifiques
Elles s'opposent à l'agoraphobie. Il s'agit d'une peur spécifique, isolée, irrationnelle, associée au désir d'éviter la situation ou l'objet à l'origine de cette peur. Les objets "phobogènes" sont souvent des animaux ou des objets possiblement dangereux; les situations phobogènes sont

souvent des endroits élevés ou fermés. 
Les phobies sociales

  Elles sont constituées par l'existence d'une peur irrationnelle et persistante, associée au désir d'éviter des situations dans lesquelles l'individu peut être exposé à l'observation des autres.
A cette peur s'associe celle de se comporter d'une manière humiliante ou embarrassante.

Une anxiété anticipatoire survient si l'individu est confronté à la nécessité d'affronter une telle situation qu'il souhaiterait éviter.
Relativement fréquentes sous une forme mineure, elles sont parfois invalidantes sur les plans social et professionnel. Le début est habituellement progressif sans cause déclenchante et l'évolution est marquée par l'accentuation graduelle, après la puberté, d'une sensitivité sociale.
On décrit divers types de phobies sociales : peur de parler en public (trac), de manger ou de boire en public, d'écrire devant les autres, crainte de rougir en public (éreuthophobie)...

 

Evolution de la amaldie

 L'évolution est variable.
Soit les conduites de lutte contre la phobie (contraphobiques) sont efficaces et le patient vit comme cela très bien.
Soit le patient est obligatoirement confronté aux circonstances qui provoquent la phobie (phobogènes) et il est en situation d'angoisse et de crise permanentes.
Soit les conduites contraphobiques sont invalidantes et n'autorisent plus la vie en société.
Le phobique est comme tout névrosé menacé de dépression.

 Traitement

Il n'est pas toujours nécessaire.
Lorsque la phobie n'est pas très intense, et que des conduites d'évitement peuvent être utilisées sans trop gêner la vie quotidienne, il est probablement préférable de s'abstenir : tout dépend de la souffrance du sujet et de sa demande.
Quand la phobie envahit la vie quotidienne, et gêne le patient dans sa vie quotidienne ou dans sa vie sociale, il est alors préférable de traiter. Les médicaments qui sont préconisés sont les anxiolytiques et les antidépresseurs (dans l'agoraphobie), mais les traitements non médicamenteux sont importants : psychothérapie ou psychanalyse, thérapie comportementale ou cognitive, relaxation, déconditionnement...

vendredi 22 juillet 2011

Le rêve dans le Scepticisme


Le scepticisme (du grec skeptikos, « qui examine ») est, au sens strict, une doctrine selon laquelle la pensée humaine ne peut se déterminer sur la possibilité de la découverte d'une vérité. Il ne s'agit pas de rejeter la recherche, mais au contraire de ne jamais l'interrompre en prétendant être parvenu à une vérité absolue. Son principal objectif n'est pas de nous faire éviter l'erreur, mais de nous faire parvenir à la quiétude (ataraxia), loin des conflits de dogmes et de la douleur que l'on peut ressentir lorsqu'on découvre de l'incohérence dans ses certitudes.
Dans l'Antiquité, l'école sceptique eut pour fondateur le philosophe Pyrrhon dont nous ne connaissons que peu de choses. Nous possédons cependant quelques fragments de l'œuvre de son disciple Timon de Phlionte. Le scepticisme antique est ainsi résumé par Sextus Empiricus :
« Le scepticisme est la faculté de mettre face à face les choses qui apparaissent aussi bien que celles qui sont pensées, de quelque manière que ce soit, capacité par laquelle, du fait de la force égale qu'il y a dans les objets et les raisonnements opposés, nous arriverons d'abord à la suspension de l'assentiment, et après cela à la tranquillité», Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, I, 8 »
Au-delà de cet usage strict du terme, sceptique est un adjectif abondamment utilisé, souvent avec excès. Il a beaucoup été utilisé pour désigner un certain défaitisme face à la connaissance, particulièrement à la Renaissance. Le terme a, enfin, été récupéré par des mouvements n'ayant qu'un lointain lien avec le scepticisme mais qui cherchent à mettre en avant leur contestation face à des idées présentées comme vraies.

Le Scepticisme Antique

Doctrine générale

D'après Sextus, la philosophie sceptique (dans sa période tardive) est une philosophie non dogmatique dont le principe méthodologique est d'opposer à toute raison valable, et sur tout sujet, une raison contraire et tout aussi convaincante. Le but de cette recherche, que l'on peut qualifier de logique, est de détruire les fausses opinions que nous soutenons à tout propos et qui nous rendent malheureux en nous trompant sur la nature des choses. Ce dernier point peut être rapproché de l'épicurisme ; mais la comparaison s'arrête là, car le sceptique entend bien rester dans l'ignorance en n'admettant rien qui ne soit douteux. Il ne formule pas d'hypothèses, mais laisse toujours ouverte la possibilité d'une réfutation.
En revanche, la réalité des phénomènes est tenue pour certaine, c'est-à-dire que l'apparence est telle qu'elle nous apparaît. Il ne dit pas : « cet objet (comme substance) est tel (qualité intrinsèque) » ; mais : « cet objet, en tant qu'il m'apparaît, apparaît avec telle qualité sensible ». Du point de vue de la connaissance, cela revient à nier la catégorie de substance, pour n'affirmer que des apparences liées sans substrat métaphysique ; d'un point de vue moral, cette distinction permet d'établir des règles de vie issues de l’expérience : en général, le sceptique suit les croyances établies, même s'il n'y croit pas. Les opinions du sens commun lui sont indifférentes : telle est la conclusion morale de cette philosophie, l'ataraxie et l'acatalepsie (la tranquillité et l'absence d'une souffrance qui serait due à une compréhension dite incomplète).
Selon Victor Brochard, le scepticisme, dans ses formulations les plus rigoureuses, est une véritable méthode scientifique, comparable à l'esprit scientifique moderne. En effet, ne posant aucune hypothèse d'ordre métaphysique, le scepticisme n'interdit pas d'étudier les phénomènes et d'en faire la théorie. Mais il faut dire toutefois que ces philosophes ne semblent pas avoir eu conscience de la nouveauté épistémologique de leur doctrine, trop occupés qu'ils étaient dans leur recherche de l'indifférence heureuse.

Histoire du scepticisme antique

Cette philosophie ne semble prendre une forme systématique qu'au premier siècle après J.-C. (ou quelques décennies avant J.-C.), avec Énésidème, Agrippa puis Sextus Empiricus. Mais, avant eux, la Nouvelle Académie paraît être la véritable héritière du scepticisme pour la période IIIe - Ier siècle av. J.-C. Nous possédons deux œuvres de Sextus Empiricus, les esquisses pyrrhoniennes et Contre les professeurs. Ce qu'ont enseigné les autres sceptiques est difficile à établir avec certitude.

Les origines

D'après Diogène Laërce (IX, 71), certains sceptiques faisaient remonter l'origine de leur pensée à Homère et aux sept sages. On trouve en effet très tôt des formules sceptiques dans la culture grecque : Rien de trop par exemple.
Mais on trouve également des interrogations sur la possibilité de la connaissance chez les Présocratiques :
À cause de la faiblesse de nos sens, nous sommes impuissants à distinguer la vérité. Anaxagore
La vérité est au fond du puits. Démocrite
Il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais un homme qui connaisse avec certitude ce que je dis des dieux et de l'univers. Quand même il rencontrerait la vérité sur ces sujets, il ne serait pas sûr de la posséder : l'opinion règne en toutes choses. Xénophane de Colophon
Protagoras affirme que sur tout sujet, on peut opposer des raisons contraires (Diogène Laërce, IX, 51). Socrate affirme que tout ce qu'il sait, c'est qu'il ne sait rien. De nombreux aspects de ce qui s'appellera plus tard le scepticisme imprègnent ainsi la civilisation de la Grèce. Mais leur synthèse en un système philosophique cohérent prendra encore quelques siècles.

L'ancien scepticisme

Nous savons peu de choses sur l'ancien scepticisme, qui paraît n'être essentiellement qu'un scepticisme pratique.

La Moyenne et la Nouvelle Académie

  • La IIe Académie ou Moyenne Académie (Academia media), d'orientation sceptique, fut fondée vers 268 av. J.-C. par Arcésilas, cinquième scolarque. Il prétendait que l'on ne peut rien savoir. Il a introduit, plutôt que Pyrrhon, le concept de suspension du jugement, épochê, pour demeurer sans opinion et n'accepter que le raisonnable.
  • La IIIe Académie ou Nouvelle Académie (Academia nova) au sens strict, d'orientation probabiliste, sans tomber dans un scepticisme absolu, enseignait que l'on ne peut atteindre que le probable (pithanon). Les représentations vraies sont indiscernables des représentations fausses, dans la pratique il faut user du probable et du vraisemblable, mais l'entendement conquiert sa faculté de douter. La Nouvelle Académie eut comme scolarques, recteurs : Lacydès en 241 av. J.-C. (sixième scolarque), Téléclès en 208 av. J.-C. (septième), Évandre (huitième), Hégésinus (neuvième), Carnéade en 186 av. J.-C. (c'est le plus important des scolarques), Clitomaque en 128 av. J.-C. (onzième scolarque).
Selon Sextus Empiricus, les théories de la nouvelle académie diffèrent du scepticisme sur deux points.
D'abord, la nouvelle académie prétend que les choses sont insaisissables. Pour le sceptique, il est impossible de déterminer si les choses sont saisissables ou non, car l'affirmation selon laquelle rien n'est saisissable est encore dogmatique. Le sceptique se contente de suspendre son jugement.
Les membres de la nouvelle Académie, même s'ils disent que toutes les choses sont insaisissables, diffèrent sans doute des sceptiques d'abord justement en disant que toutes les choses sont insaisissables (en effet, ils assurent cela, alors que le sceptique s'attend à ce qu'il soit possible que telle chose soit saisissable) - Esquisses pyrrhoniennes, I, 226
De plus, les néo-académiciens recherchent le plausible, en dictant une échelle de valeur composée, en bas, de l'impression simplement plausible; au milieu, de l'impression plausible et examinée et en haut, de l'impression plausible, examinée plusieurs fois et indubitable. Cela les mène à choisir pour critère de vie (c'est-à-dire du critère qui déterminera nos actions, nos choix quotidiens) la recherche de ce fortement plausible, alors que le sceptique, ne déterminant rien, ne suit que ses perceptions et les normes de l'endroit où il vit.
Mais nous différons aussi de la nouvelle Académie sur ce qui conduit à la fin, car les hommes qui affirment se conformer à sa doctrine ont recours au plausible au cours de leur vie, alors que nous-mêmes vivons sans soutenir d'opinion en suivant les lois, les coutumes et nos affects naturels. - Esquisses pyrrhoniennes, I, 231

Le néo-pyrrhonisme

Il semble bien que le scepticisme n'atteint à sa conceptualisation la plus rigoureuse qu'à cette époque, avec des sceptiques que l'on a parfois qualifiés de dialectiques :
  •   Énésidème et Agrippa

Plus ou moins différenciée du scepticisme dialectique, il exista également une branche empirique de cette école, branche particulièrement liée à la médecine et à l'expérimentation scientifique :
  •   Ménodote de Nicomédie et Sextus Empiricus

Scepticisme au sens large

Le fondement du scepticisme de l'après Moyen Âge est que science, matérialisme et athéisme sont trois positions philosophiques intimement liées, c'est-à-dire que l'une ne va pas sans l'autre.

Le scepticisme de la Renaissance

La Renaissance, outre la redécouverte des Anciens, se caractérise par une mise en branle des certitudes concernant la physique. Un des points de départ de la période de la Renaissance souvent mis en avant est la découverte de l'héliocentrisme par Copernic. Il s'agit d'un véritable traumatisme dans le domaine de la connaissance humaine, et Freud le qualifiera de première blessure de l'égoïsme de l'homme (à laquelle il fera en succéder une seconde, la théorie de l'évolution de Darwin, puis une troisième, la psychanalyse). L'homme n'est plus au centre du monde, sa certitude de vivre dans un monde harmonieux vole en éclats. Il n'y a plus ni ordre, ni place prédéterminée, ni règle. Ceci durera jusqu'à l'arrivée de Newton et sa théorie de l'attraction universelle.
La Renaissance, c'est aussi la période de violentes et interminables guerres de religion au sein du christianisme. La religion devient une des principales causes de souffrance. L'Europe est déchirée et commence à douter de ses dogmes.
Les humanistes se plongent alors dans la lecture des Anciens, dont ils disposent enfin des textes, afin de trouver une réponse acceptable à la subite instabilité du monde. Ils ne trouveront que contradictions entre les différentes écoles, sans qu'on puisse raisonnablement donner la préférence à l'une d'elles.
Montaigne en déduira qu'il est vain de tenter de découvrir le fonctionnement du monde. Le seul domaine de recherche qui est autorisé au philosophe, c'est sa propre intériorité.

Le scepticisme classique et moderne

La période classique et moderne constitue un effort pour briser le scepticisme pessimiste de la Renaissance, en particulier chez les rationalistes comme Descartes et Kant. Leurs œuvres consistent en une prise en compte de l'état de fait sceptique, pour ensuite sauver la connaissance et la métaphysique.
En France, le scepticisme se développe, sur la souche commune de Montaigne, dans deux directions différentes comme une stratégie de résistance de l'individu.
D'une part de grands lettrés, serviteurs du nouveau pouvoir monarchique, observent, au premier rang, son fonctionnement et mettent ainsi au point une technique pyrrhonienne de double parole (ce qu'on dit en public, sous contrainte ou par servitude volontaire; ce qu'on dit et pense par devers soi et entre amis, une skepsis critique): deux figures centrales se détachent qui jouirent d'un immense prestige européen: sous Louis XIII et la jeunesse de Louis XIV, François de La Mothe Le Vayer dont les travaux et la pensée redonnent au scepticisme antique une véritable actualité européenne, auteur de nombreux traités sceptiques (par prudence les premiers sont publiés sous un pseudonyme); sous Louis XIV, Pierre-Daniel Huet qui, pour se disculper d'accusations d'athéisme pyrrhonien devra attaquer Descartes (Nouveaux mémoires). Pierre Bayle est également un grand sceptique français, dont les thèses furent discutées par Leibniz dans les Essais de théodicée (1710).
D'autre part, Descartes et ses disciples qui partent d'une nouvelle définition de la souveraineté du sujet pensant, de l'individu, et pour qui le doute sceptique n'est qu'une étape de la pensée; il est cependant significatif que Descartes choisisse l'exil et le retrait hors du politique, bref le refus du double langage de ses contemporains sceptiques qui, tel Huet, ont été ses plus durs ennemis. Pour Descartes, on ne peut prouver que notre perception actuelle soit fiable, qu'on ne soit pas par exemple en train de rêver, sinon par la certitude de l'existence de Dieu. Le scepticisme de Descartes s'inspire fortement de celui de Montaigne (Les Essais). On peut considérer que Descartes est plus proche de Montaigne du point de vue des principes fondamentaux de sa pensée que des philosophies rationalistes ultérieures. Chez lui le scepticisme est le premier pas vers la connaissance. Il est un moment à dépasser pour construire un savoir. C'est sur le doute qu'est bâti son "Discours de la méthode", mais il ne faut pas perdre de vue que son objectif principal est de renverser le scepticisme ambiant, en montrant qu'il est possible d'avoir des connaissances. Montaigne doute pour douter, alors que Descartes doute pour ne plus douter.

Ces deux directions structurent le scepticisme du XVIIIe siècle - Huet, La Mothe Le Vayer, Descartes sont quasiment mis sur pied d'égalité comme source d'influence.
Hors de France:
  • David Hume : nous n'avons aucune preuve que la représentation du monde que nous fournissent les données des sens constitue une connaissance fiable de ce monde, notre connaissance s'arrêtant aux données des sens. Hume intègre ainsi le scepticisme dans le but de renforcer les théories empiristes, en invalidant toute possibilité de réflexion métaphysique classique.
  • Kant : notre perception a lieu dans l'espace et le temps, structures transcendantales de notre esprit, ainsi nous ne pouvons jamais « connaître » le monde en soi (intemporel et non spatial), mais nous pouvons néanmoins penser des objets transcendant l'expérience (les idées régulatrices de la connaissance).

Période contemporaine

Le scepticisme se retrouve aujourd'hui dans des courants de pensée tels que les différentes formes de constructivisme qui proposent une philosophie de la connaissance d'inspiration clairement sceptique, ou le constructivisme social.
Il existe enfin un scepticisme scientifique, qui cherche à promouvoir la science, la pensée critique et à soumettre les pseudo-sciences à la méthode expérimentale. En France, ce mouvement est connu sous le nom de zététique. Il n'a cependant aucun lien avec le scepticisme philosophique au sens strict, le mot « sceptique » devant dans son cas être entendu dans son sens courant.

Le scepticisme en Asie

Nagarjuna, fondateur de l'école bouddhique Madhyamaka, dont la méthode rappelle les Esquisses pyrrhoniennes de Sextus Empiricus, nie l'être aussi bien que le non-être : rien n'a de nature propre, toute connaissance phénoménale n'est que conventionnelle. De façon plus générale, le bouddhisme, comme le scepticisme, nie la catégorie de substance et ne voit que « vacuité » (absence de nature propre qui ferait qu'une chose serait indépendante des autres choses, ce qui rejoint aussi la notion de coproduction conditionnée) dans les phénomènes aussi bien que dans l'Absolu (nirvāna).
Edward Conze, érudit bouddhiste, souligne la proximité du bouddhisme (particulièrement du Madhyamaka) avec le scepticisme pyrrhonien :
Être libre de passions est le grand but de la vie, et l'équanimité est l'attitude qu'on doit s'efforcer de cultiver. Toutes les choses extérieures sont les mêmes, il n'y a pas de différence entre elles, et le sage ne distingue pas entre elles. Pour gagner cet état d'indifférence on doit sacrifier tous les instincts naturels. Toutes les opinions théoriques sont pareillement sans fondement, et il faut complètement s'abstenir de formuler des propositions et de passer des jugements. Dans la philosophie de Pyrrhon, il y a la même distinction entre la vérité conventionnelle, les apparences (phainomena) d'un côté, et la vérité ultime (adêla) de l'autre. La vérité ultime est complètement cachée : "Je ne sais pas si le miel est doux, mais je suis d'accord qu'il m'apparaît tel."

Contestation du scepticisme

Théorème de Cox-Jaynes : selon ce théorème, il est nécessaire d'accorder un crédit provisoire à quelques idées non vérifiées (éventuellement fausses, donc), en vue de créer les expériences qui les infirmeront ou non (cette idée étant aussi ancienne que le scepticisme). Par remises en cause successives, des considérations de diminution d'entropie montrent que les idées de différents observateurs (qui ont des a priori différents) convergeront vers une vision unique là où une réalité sous-jacente objective existe, et est observable d'une manière ou d'une autre. Ce théorème lève également les doutes qui planaient sur le mécanisme (également baptisé scandale par Bertrand Russell), de l'induction. Voir aussi inférence bayésienne.