mercredi 2 février 2011

Les rêves télépathiques



Selon les recherches les plus sérieuses effectuées par le Dr Stanley Krippner, nous faisons TOUS des rêves télépathiques. Longtemps, ce sujet était considéré parfois avec dérision où le manque sérieux des témoignages relevait des sciences "occultes".  Néanmoins, les laboratoires du rêve se sont penchés sur ce phénomène avec la rigueur scientifique nécessaire à cette approche.

Krippner est devenu LE spécialiste pour étudier et détecter les "flash" télépathiques lors de nos expériences oniriques. Ces conclusions sont sans appel : nous faisons tous des rêves prémonitoires.

Il ajoute ceci d'étonnant :

"Les dernières recherches dans nos laboratoires du rêves, démontrent de - façon certaine - que chaque sujet a des rêves télépathiques”. J'ai personnellement étudié les travaux de Krippner, et j'ai notamment trouvé ceci qui peut vous intéresser.


# Les rêves télépathiques sont souvent reliés à un évènement négatif !


Au “Stanford Research Institute” on étudia 349 cas de pré-cognition probable ou authentifiée. La majorité d'entre elles ont été constatées :

1- lors de rêves nocturnes :

Les phénomènes télépathiques franchissent plus aisément les "barrières de la conscience" dans la période du sommeil paradoxal. On peut le comprendre quand on sait que les rêves sont le produit de notre inconscient. Ce qui se confirme quand on sait que lorsque l'expérience des rêves se déclenche pendant le sommeil, le nombre de neurones qui entrent en activité peut atteindre presque 80 % -- ce qui est extraordinaire -- par rapport à un état de conscience de veille ou l'utilisation neuronale est en moyenne de 20 %.

2- en état de rêverie ou hallucination :

Déjà, les "intuitifs" ou les personnes clairvoyantes affirment avoir des "visions" parfois prémonitoires lors de périodes de rêverie. Là encore, cela s'explique par les travaux de Krippner qui a mis en évidence que la fréquence des ondes ALPHA du cerveau pendant la phase des rêves est maximale. Or, les personnes douées de capacités extra sensorielles, voient leurs capacités "psi" s'exprimer de façon optimale lorsque le cerveau est phase ALPHA.

Le plus étonnant arrive !
› 50% correspondaient ou présentaient des prémonitions de décès (précognition la plus courante).

C'est un des facteurs les plus surprenant des études réalisées sur des "rêveurs prémonitoires". L'immense majorité de ses rêves "clairvoyants" est qu'ils demeurent fortement négatifs. C'est à dire qu'ils annoncent la plupart de temps des décès, des accidents, des situations de catastrophes. Seulement, une minorité sont en relation avec des intuitions clairvoyantes positives (moins de 15 - 20 %)


# Le rêve, facteur d'éveil de la perception extra sensorielle !

› Le Pr Dunne demanda à 43 volontaires de prendre en note leurs rêves pendant 3 semaines. Résultats :
* 430 rêves enregistrés dont 18 furent… prémonitoires.

Bon nombres de rêves prémonitoires sont associés à d'autres rêves "classiques", ce qui rend difficile de mettre en évidence le "bon grain de l'ivraie". Seule, la solution est d'apprendre à noter systématiquement ses rêves chaque matin. Si un rêve annonciateur d'un évènement est présent dans l'expérience onirique, l'accumulation de données écrites va rendre plus aisé la "détection" de ce type de rêve prémonitoire.

Le Pr Sundow reprit cette méthode pour la perfectionner. Il a découvert ceci :
Plus on éloigne le rêve de l'évènement, moins il y a exactitude et pertinence du résultat.
C'est un critère important. Il semble bien que le "vrai" rêve prémonitoire soit fréquemment en proximité temporelle avec l'évènement perçu dans le rêve.


# Les rêves prémonitoires existent !

Exemple, les Catastrophes ! On entend souvent dire que certains l'avaient prévu.
La Tragédie minière d'Aberland (R.U) 1967. Un chercheur du nom de Barker se rendit sur les lieux pour interroger le voisinage. De nombreux témoignages relatent que la population vivant près du site avaient « prévue » la catastrophe dans … ses rêves.

Depuis ce constat incroyable, l'état Britannique a créé le ”British Prémonition Bureau”. Il a pour rôle de recenser les “pics” de témoignages de rêves de catastrophes parmi la population.

Vous voyez l'intérêt portée à vos rêves est utile. Vous faites sans aucun doute des rêves télépathiques.

Bergson : le rêve, l’inconscient et le souvenir



« Le  souvenir  !  À  l’état  de  veille,  nous  avons  bien  des  souvenirs  qui  parais­sent  et  disparaissent,  réclamant  notre  attention  tour  à  tour.  Mais  ce  sont  des  souvenirs  qui  se  rattachent  étroitement  à  notre  situation  et  à  notre  action.  Je  me  rappelle  en  ce  moment  le  livre  du  marquis  d’Hervey  sur  les  rêves.  C’est  que  je  traite  de  la  question  du  rêve  et  que  je  suis  à  l’Institut  psychologique  ;  mon  entourage  et  mon  occupation,  ce  que  je  perçois  et  ce  que  je  suis  appelé  à  faire  orientent  dans  une  direction  particulière  l’activité  de  ma  mémoire.  Les  souvenirs  que  nous  évoquons  pendant  la  veille,  si  étrangers  qu’ils  paraissent  souvent  à  nos  préoccupations  du  moment,  s’y  rattachent  toujours  par  quelque  côté.  Quel  est  le  rôle  de  la  mémoire  chez  l’animal  ?  C’est  de  lui  rappeler,  en  chaque  circonstance,  les  conséquences  avantageuses  ou  nuisibles  qui  ont  pu  suivre  des  antécédents  analogues,  et  de  le  renseigner  ainsi  sur  ce  qu’il  doit  faire.  Chez  l’homme,  la  mémoire  est  moins  prisonnière  de  l’action,  je  le  recon­nais,  mais  elle  y  adhère  encore  :  nos  souvenirs,  à  un  moment  donné,  forment  un  tout  solidaire,  une  pyramide,  si  vous  voulez,  dont  le  sommet  sans  cesse  mouvant  coïncide  avec  notre  présent  et  s’enfonce  avec  lui  dans  l’avenir. 
 
Mais  derrière  les  souvenirs  qui  viennent  se  poser  ainsi  sur  notre  occupation  présente  et  se  révéler  au  moyen  d’elle,  il  y  en  a  d’autres,  des  milliers  et  des  milliers  d’autres,  en  bas,  au-dessous  de  la  scène  illuminée  par  la  conscience.  Oui,  je  crois  que  notre  vie  passée  est  là,  conservée  jusque  dans  ses  moindres  détails,  et  que  nous  n’oublions  rien,  et  que  tout  ce  que  nous  avons  perçu,  pensé,  voulu  depuis  le  premier  éveil  de  notre  conscience,  persiste  indéfiniment.  Mais  les  souvenirs  que  ma  mémoire  conserve  ainsi  dans  ses  plus  obscures  profondeurs  y  sont  à  l’état  de  fantômes  invisibles.  Ils  aspirent  peut-être  à  la  lumière  ;  ils  n’essaient  pourtant  pas  d’y  remonter  ;  ils  savent  que  c’est  impossible,  et  que  moi,  être  vivant  et  agissant,  j’ai  autre  chose  à  faire  que  de  m’occuper  d’eux.  Mais  supposez  qu’à  un  moment  donné  je  me  désintéresse  de  la  situation  pré­sente,  de  l’action  pressante,  enfin  de  ce  qui  concentrait  sur  un  seul  point  toutes  les  activités  de  la  mémoire.  Supposez,  en  d’autres  termes,  que  je  m’endorme.  Alors  ces  souvenirs  immobiles,  sentant  que  je  viens  d’écarter  l’obstacle,  de  soulever  la  trappe  qui  les  maintenait  dans  le  sous-sol  de  la  conscience,  se  mettent  en  mouvement.  Ils  se  lèvent,  ils  s’agitent,  ils  exécutent,  dans  la  nuit  de  l’inconscient,  une  immense  danse  macabre.  Et,  tous  ensemble,  ils  courent  à  la  porte  qui  vient  de  s’entr’ouvrir.  Ils  voudraient  bien  passer  tous.  Ils  ne  le  peuvent  pas,  ils  sont  trop.  De  cette  multitude  d’appelés,  quels  seront  les  élus  ?  Vous  le  devinez  sans  peine. 
 
Tout  à  l’heure,  quand  je  veillais,  les  souvenirs  admis  étaient  ceux  qui  pouvaient  invoquer  des  rapports  de  parenté  avec  la  situation  présente,  avec  mes  perceptions  actuelles.  Maintenant,  ce  sont  des  formes  plus  vagues  qui  se  dessinent  à  mes  yeux,  ce  sont  des  sons  plus  indécis  qui  impressionnent  mon  oreille,  c’est  un  toucher  plus  indistinct  qui  est  éparpillé  à  la  surface  de  mon  corps  ;  mais  ce  sont  aussi  des  sensations  plus  nombreuses  qui  me  viennent  de  l’intérieur  de  mes  organes.  Eh  bien,  parmi  les  souvenirs-fantômes  qui  aspirent  à  se  lester  de  couleur,  de  sonorité,  de  maté­rialité  enfin,  ceux-là  seuls  y  réussiront  qui  pourront  s’assimiler  la  poussière  colorée  que  j’aperçois,  les  bruits  du  dehors  et  du  dedans  que  j’entends,  etc.,  et  qui,  de  plus,  s’harmoniseront  avec  l’état  affectif  général  que  mes  impressions  organiques  composent.  Quand  cette  jonction  s’opérera  entre  le  souvenir  et  la  sensation,  j’aurai  un  rêve.
 
Dans  une  page  poétique  des  Ennéades,  le  philosophe  Plotin,  interprète  et  continuateur  de  Platon,  nous  explique  comment  les  hommes  naissent  à  la  vie.  La  nature,  dit-il,  ébauche  des  corps  vivants,  mais  les  ébauche  seulement.  Laissée  à  ses  seules  forces,  elle  n’irait  pas  jusqu’au  bout.  D’autre  part,  les  âmes  habitent  dans  le  monde  des  Idées.  Incapables  d’agir  et  d’ailleurs  n’y  pensant  pas,  elles  planent  au-dessus  du  temps,  en  dehors  de  l’espace.  Mais  parmi  les  corps,  il  en  est  qui  répondent  davantage,  par  leur  forme,  aux  aspirations  de  telles  ou  telles  âmes.  Et  parmi  les  âmes,  il  en  est  qui  se  reconnaissent  davan­tage  dans  tels  ou  tels  corps.  Le  corps,  qui  ne  sort  pas  tout  à  fait  viable  des  mains  de  la  nature,  se  soulève  vers  l’âme  qui  lui  donnerait  la  vie  complète.  Et  l’âme,  regardant  le  corps  où  elle  croit  apercevoir  le  reflet  d’elle-même,  fascinée  comme  si  elle  fixait  un  miroir,  se  laisse  attirer,  s’incline  et  tombe.  Sa  chute  est  le  commencement  de  la  vie.  Je  comparerais  à  ces  âmes  détachées  les  souvenirs  qui  attendent  au  fond  de  l’inconscient.  Comme  aussi  nos  sensations  nocturnes  ressemblent  à  ces  corps  à  peine  ébauchés.  La  sensation  est  chaude,  colorée,  vibrante  et  presque  vivante,  mais  indécise.  Le  souvenir  est  net  et  précis,  mais  sans  intérieur  et  sans  vie.  La  sensation  voudrait  bien  trouver  une  forme  sur  laquelle  fixer  l’indécision  de  ses  contours.  Le  souvenir  voudrait  bien  obtenir  une  matière  pour  se  remplir,  se  lester,  s’actualiser  enfin.  Ils  s’attirent  l’un  l’autre,  et  le  souvenir-fantôme,  se  matérialisant  dans  la  sensation  qui  lui  apporte  du  sang  et  de  la  chair,  devient  un  être  qui  vivra  d’une  vie  propre,  un  rêve. »
 
[Bergson  in  :  Le  rêve,  Conférence  faite  en  1901  à  l’Institut  général  Psychologique,  in  L’énergie  spirituelle,  Paris,  Ed.  Alcan,  1919,  pp  95-96]

mardi 1 février 2011

Rêves, les voix de notre inconscient



 

Pour les psychanalystes, nos rêves contiennent toujours un enseignement personnalisé, lié à notre histoire singulière. Entretien avec Jean Sandretto, praticien aguerri de la vie onirique.
Isabelle Taubes
A lire Le Psychiatre et la Voyante, le dialogue improbable
de Jean Sandretto avec Eliane Gauthier
(Almora, 2006).


Jean Sandretto, psychiatre et psychanalyste, a décidé de se pencher sur le rêve et le délire, deux phénomènes plus voisins qu’il n’y paraît. Il a travaillé plusieurs années avec Michel Jouvet, neurophysiologiste spécialiste des rêves et collabore régulièrement à la revue de psychanalyse Topique.

“Certains rêves contiennent toute une vie », assure Jean Sandretto, psychiatre et psychanalyste. Pour lui, ils ne sont pas seulement une « voie royale vers l’inconscient », ainsi que les définissait Freud. Ils sont des messagers qui nous expliquent notre passé et nos impasses actuelles et, en même temps, des guides qui nous ouvrent les portes de l’avenir. Plus encore : ils sont indispensables à la survie de notre santé psychique. Démonstration de leur importance par un décrypteur freudien.
Psychologies : Interpréter les rêves est-ce vraiment utile ? Jean Sandretto : Oui, si on veut apprendre à se connaître et évoluer. A un moment, j’ai dû prendre en charge des patients d’un confrère psychanalyste qui n’avaient jamais parlé de leurs rêves avec lui. Après quelques mois de travail régulier sur leurs rêves, je les ai vus changer, mieux s’assumer. Ils étaient devenus capables d’utiliser une énergie psychique jusque-là bloquée par un discours trop rationnel, coupé des émotions.
Dans cette exploration, certains rêves sont, selon vous, « prophétiques ». Est-ce une réalité ou une façon de parler ? Je crois qu’il existe vraiment des rêves dirigés vers le futur, qui préparent la personne aux évolutions qu’elle va connaître – alors qu’elle-même ne s’en rend pas forcément compte. C’est logique : l’inconscient est toujours en avance sur le sujet conscient. En eux-mêmes, ces rêves ne sont pas différents des rêves habituels. C’est l’effet qu’ils produisent qui nous permet de les reconnaître : brutalement, le champ des possibles s’ouvre et s’élargit, les blocages sautent.

Dans 90 % des cas, ils sont suivis de transformations concrètes dans le moi et l’existence du rêveur. J’ignore pourquoi ils se produisent à un moment et pas à un autre. Peut-être sont-ils l’aboutissement d’années d’interrogations et de travail sur soi.